Tans-siberien 5e partie
Озеро Байкал
Le lac Baïkal
Nous voilà donc sur les bords du lac, au milieu de la Sibérie, à des kilomètres de la première route goudronnée, dans un hôtel en bois sans salle de bain et aux toilettes douteuses…
Mais quand même… Tout cela n’a plus aucune importance ! On y est, au bord de cette merveille, de ce joyau qui étire son bleu profond à l’infini jusqu'à se confondre avec le ciel.
Il est pratiquement impossible de décrire à quel point ce lac est immense, on a beau connaitre les chiffres, on est toujours frappé par sa taille.
Histoire de fixer les idées, voici tout de même de quoi se représenter un peu :
Le lac Baikal mesure 636 km de long, ce n’est pas le plus grand lac du monde par sa surface (il est seulement 6e), mais sa profondeur impressionnantes (1637 mètres !), en font – de loin – le lac le plus volumineux du monde. On pourrait presque faire rentrer dedans deux fois le lac superieur (le plus grand du monde par sa surface).
Il représente à lui tout seul 20% des réserves mondiales d’eau douce liquide ! Eau potable qui plus est…
Pour vous faire une idée du monstre, le voici superposé à une carte de France :

Comparaison France-Baïkal
Le lac est alimenté par plus de 360 rivières, et se déverse dans une seule, l’Angara. Son age en fait un lieu d’intérêt géologique de premier plan.
Le point le plus profond du lac se situe 1285 mètres en dessous du niveau de la mer ! A cela il faut ajouter une couche de sédiments de 7km. Ce qui fait de la région du Baïkal le rift le plus profond de la planète.
A cause de sa richesse écologique, le lac a été baptisé « Galápagos de Russie », en effet, il abrite plus de 1000 espèces de plantes, et plus de 1500 espèces d’animaux. 60% d’entre elles sont endémiques.
Parmi les espèces remarquables, on citera le phoque Nerpa, seul mammifère vivant dans le lac, et nulle part ailleurs, et l’omoul, poisson emblématique, et principale source de nourriture des habitants ! Il est d’ailleurs très incorrect de partir sans avoir gouté l’omoul séché, une spécialité locale, que les Russes accommodent avec de la bière (où irait-on sans une bonne пиво bien fraiche?).
Omoul séchés (wikipédia commons)
Un chien de prairie
L’île Olkhon (Олхон)
Notre île fait quant à elle 72 km de long (oui, c’est plus grand que l’île de Ré). Elle est recouverte de steppes sur la moitié nord, et de taïga sur la moitié sud, avec un petit désert à l’ouest.

L’île Olkhon, comparée à Paris
La seule vraie implantation est le village de Khuzhir, il y’a quand même des habitations éparses, une station météo et un village de yourtes, pour les touristes (mais comme nous sommes de vrais routards, nous avons jugé ce lieu trop surfait).

La route principale

Le port de Khuzhir

Les vaches en plein centre du village
L’île est un haut lieu du chamanisme, ce n’est pas seulement (même pas du tout !) une attraction pour touristes, on peut rencontrer de véritables chamanes sur l’île, ils laissent d’ailleurs bon nombre de totems un peu partout, la plupart du temps fait d’un morceau de bois autour duquel sont enroulés des tissus. Il est de bon goût de laisser un objet à soi devant les totems, où un bout de son short.

Laure devant un totem
Parmi les lieux les plus prisés, figurent le rocher des chamanes, à deux pas du village de Khuzhir, les « 3 frères », et le cap Khoboï (d’où sont prises beaucoup des photos de la suite).

Le rocher des chamanes

Les trois frères
L’ile est suffisamment grande pour contenir plusieurs lacs, celui où nous sommes allés était plein d’une vase très bonne pour la peau, parait-il. Ce sont nos camarades de l’hôtel qui nous ont dit ça, mais bon, étant donné que leur crème solaire était de la vodka, on a eu quelques doutes !

Laure et Thibault on essayé quand même
Ce lac était une bonne occasion de se baigner, car malheureusement, le Baïkal était bien trop froid ! L’eau ne devait pas être à plus de 10⁰C, on a quand même réussi à se baptiser dedans, mais le temps de rentrer jusqu'à la taille, on ne sent déjà plus ses pieds …
Pour se déplacer sur l’île, des excursions sont organisées tous les jours, il faut se mettre d’accord avec suffisamment de gens et louer un уазик, avec un conducteur. Les уазик (uazik), sont des super camionnettes qui peuvent transporter jusqu'à environ 8 personnes, et qui sont capables de monter les pentes raides et de passer les ornières monstrueuses qui abondent sur les routes de l’île.

Un уазик devant le barbecue du repas de midi
Au cours des excursions, le repas était invariablement composé d’une уха (soupe de poisson) à l’omoul et à l’eau du lac. La recette est simple, vous faites bouillir des patates et des oignons dans une grande marmite, vous jetez les poissons coupés en 3 (tête, corps, queue) avec tout sauf les boyaux (quand même), et au bout de 20 minutes la soupe est prête !
Et sans rire, c’était pas mauvais, car les produits étaient on ne peut plus naturels.

Le moment de la soupe
En général, nous avons d’ailleurs très bien mangé dans notre hôtel, aux fourneaux, la grand-mère de la maison nous a concocté de bons petits plats copieux et variés, alors qu’on avait plutôt peur au début.
Les photos
Comme promis, voici une partie des photos prises au cap Khoboï.

La steppe plongeant dans le lac

Sur le cap Khoboï, en regardant vers le nord ouest

Pratiquement au même endroit, en regardant vers le Sud

Le continent, au loin

Quand le ciel et le lac se confondent...

Au bord de la falaise
Sources :
Wikipédia Français et anglais.