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Dimanche 26 novembre 2006


Красноярск
Kracnoyarsk




La gare de Kracnoyarsk

 

Nous sommes maintenant à plus de 3300 km de Moscou, le train arrive à Kracnoyarsk au petit matin. Le rituel est désormais établi, première étape – trouver un petit dej ! Nous nous mettons donc en route vers le centre, afin d’y trouver de quoi manger. Nous nous adressons au conducteur d’un bus pour lui demander de nous indiquer le bon endroit ou descendre, en l’occurrence la gare fluviale. Le chauffeur était tellement surpris et amusé de voir des Français que nous avons eu droit à une annonce spéciale qui a fait mourir de rire tout le  bus et un splendide arrêt sauvage sur le bas-côté.

Comme à Ekaterinburg, le choix était limité, nous avons fini dans un fast-food de pizzas. Mais comme on ne peut réfléchir que le ventre plein, cela faisait très bien l’affaire !

Nous devions trouver un hôtel avant d’espérer faire quoi que ce soit. Nous avons tout de suite flashé sur l’hôtel « Маяк » (phare), qui est en fait un ancien croiseur retapé!!

 

L’hôtel Маяк

 

Les chambres sont les cabines du croiseur, en ouvrant la porte, on a tous eu un choc… On se serait cru dans le train ! Les chambres étaient super calmes, à quelques mètres des flots de l’Ienisseï, encore enveloppés de la brume du matin.

 

Vue sur l’Ienisseï depuis la cabine

 

L’après midi, nous avons décidé de partir en balade vers un parc naturel, histoire de voir un peu la taïga de plus près. Il s’agissait du parc des « столбы »  (colonnes). Qui sont en fait des formations rocheuses dues à une activité volcanique très ancienne. Avec l’érosion, il ne reste que des colonnes qui dominent largement la forêt.

Un chauffeur de bus sympa nous a laissé à l’entrée du parc, au milieu d’une montée à 20% qu’il a aussitôt attaquée avec sa vieille carcasse des années 70, capot ouvert pour le refroidissement, qu’on a entendu hurler pendant pas mal de temps encore.

Tout était bien parti, sauf que, comme des boulets, au lieu de prendre le chemin du parc, nous avons cru plus logique de descendre vers la rivière pour y trouver notre route. Il faut dire, quand même, que le chemin n’était pas très crédible, et que bien sur, pas un seul panneau n’indiquait l’entrée du parc.

Nous avons donc eu une ballade bonus au bord de l’Ienisseï. Ce fleuve immense (4100 km) est la réunion de deux autres (petit et grand Ienisseï) qui prennent leur source en Mongolie, il est rejoint par l’Angara et la Tunguska, avant de se jeter dans l’Arctique.

Il est barré artificiellement à Kracnoyarsk. Le barrage dispose d’un système d’ascenseur à bateaux sans contrepoids qui permet de passer des navires pesant jusqu'à 2000 tonnes. Bien entendu, comme seuls les ingénieurs soviétiques pouvaient oser des constructions comme celles là, il est unique au monde.

 

Sur la rive de l’Ienisseï

 

Ayant fini par trouver la bonne route, nous nous enfonçons dans le parc. La route entre les arbres monte dur ! Mais on croise de gentils animaux sur notre parcours, comme cet écureuil, pas farouche pour un sou, qui se serait bien laissé caresser si on avait eu quelque chose d’intéressant à lui donner…

 

Un écureuil

 

Par contre, on croule aussi sous les animaux moins drôles : la forêt regorge de taons et de bêtes qui piquent de toutes sortes, dont des redoutables tiques, qui peuvent filer la fièvre du Japon parait il (il y’a d’ailleurs un centre pour la dépister en ville). Au palmarès, Philou est grand vainqueur puisqu’il a tué 50 taons et récolté une tique, comme Thibault. Aux dernières nouvelles, ils n’ont pas la fièvre du Japon.

Après une ascension exténuante,  nous voila en haut.

 

 

La forêt vue d’en haut

 

Comme l’orage menace, nous rentrons le plus vite possible en coupant par les bois. Nous avons le temps d’arriver au bus avant qu’éclate la douche. En 5 minutes, il devient impossible de trouver des endroits qui ne sont pas recouverts par 10 cm d’eau. Comme nous sommes déjà complètement trempés dès la sortie du bus, il est presque inutile de marcher jusqu’à l’abri bus, déjà complet de toute façon. Au fur et à mesure que l’on s’approche de la rivière, les rigoles d’eau se rejoignent et ce sont de véritables torrents qu’il nous faut traverser.

 

Traversée d’un torrent

 

Nous arrivons enfin à l’hôtel, où nous entamons un relais douche dans la seule salle de bain du bateau, interrompu par des activités « recherche de tiques » …

Le soir, nous dînons dans un bon resto du centre, avant de revenir et d’admirer la parade du club de tuning d’Irkoutsk, et sa superbe potiche.

 

Le club de tuning et son principal « argument »

 

Le lendemain, nous nous mettons en route pour une visite de la ville après un bon petit dej, cette fois ci. En route nous croisons une splendide affiche de pub pour l’armée comme seuls les Russes osent les faire, du grand art !

 

« Je choisis de m’engager »

 

Finalement, nous retrouvons notre pote le bus avec son capot ouvert, calé par des bouteilles en plastique, qui va nous emmener à la gare.

 

La bête

 

Après un 2e douchage en règle, nous quittons l’humidité de Kracnoyarsk, en direction de notre point de chute, le lac Baïkal. Après demain, nous serons sur place. Alors que le train stoppe à une minuscule gare, on peut se retourner et apercevoir le soleil se coucher entre les trains, nous donnant la direction de la désormais lointaine Europe…

Par Romain Enselme - Publié dans : Trans-siberien
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