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Ingénieur depuis une semaine, je savoure désormais un petit mois de vacances avant mon retour en France. Retour qui ne sera je l’espère, que temporaire, car j’ai encore beaucoup à voir et à faire ici en Russie !
Cette état de grâce post-diplôme est une occasion rêvée pour aller taquiner mes amis restés sujets à des obligations diverses et variées. Ce weekend end, par exemple avait lieu la passe d’arme clôturant la première semaine à l’armée des étudiants de 5e année.
Ces derniers, pendant l’été, font leurs classes dans des casernes réparties dans la banlieue plus ou moins proche (jusqu'à St Petersbourg, quand même). Au programme des réjouissances, donc, toute la gamme des chorégraphies militaires, marche au pas, garde à vous, repos, de 6h du matin à la tombée de la nuit. Programme qui a tout de même bien plu à notre ami Vova (Vladimir), car si les jambes sont au travail tous les matins, le cerveau, lui est clairement en vacances, ce qui n’est pas si mal.
Samedi matin, nous avons donc pris avec deux amis l’electritchka de 9h17 pour nous rendre à la station Troudovaya et assister à la cérémonie qui avait lieu à la caserne. Nous sommes sortis sous une pluie fine mais froide et sommes rendus à la cour d’honneur de la caserne.
Là, nos jeunes recrues patientaient déjà depuis un bout de temps debout sous la pluie. Peu après notre arrivée, le jovial polkovnik (colonel) a annoncé le début des festivités.
Le polkovnik dans les dortoirs
La première étape fut le serment, pendant lequel les appelés devaient jurer un par un fidélité à la patrie.
Служу отечество !
Alors que dans la moyenne, les étudiants mettaient assez peu de conviction à la manœuvre, notre camarade Vova nous a gratifiés d’une voie de guerrier et d’un pas assuré dignes de « full metal jacket ».
Comme il ne fait pas bon partir au front sans protection, nos gars on eu droit à la bénédiction en règle par le pope de service, qui vaut tous les gilets
pare-balles. Selon le rituel orthodoxe, il les a d’abord aspergés d’eau bénite avec un balais conçu pour, avant de leur tendre une croix à embrasser.
Bénédiction des troupes
Le pope a ensuite fait des heures sup’ et béni les volontaires. Il faut dire que l’église orthodoxe Russe s’en donne a cœur joie depuis la fin de l’URSS, et tente de réinvestir chaque organe de la société. Comme nous le soulignait notre ami, le même colonel qui, il y’a 20 ans, mettait bien dans le crane de ses recrues que la religion était un complot bourgeois, les engage aujourd’hui à aller combattre pour accomplir la volonté de Dieu...
Comme Dieu nous avait déjà aspergés lui-même toute la matinée, en faisant pleuvoir sur la Moscovie, nous avons jugé que nous n’avions pas besoin de l’eau
bénite d’un de ses subalternes.
Le pope et son arme fatale
La suite fut la visite de la caserne. Dans l’ensemble un peu vieille, mais pas sale, on aurait pu s’attendre à bien pire. Seul ombre au tableau, les salles de bain faisaient fuir, autant par l’aspect que par la fonctionnalité des lieux. Le seul moyen pour se doucher, en effet, consistait en un arrosage de tous les occupants de la pièce, groupés, au moyen d’un tuyau crachant de l’eau glacée.
Il faut dire aussi que cette partie de la caserne est destinée à être occupée très temporairement, c’est donc surement la pire. Pour le reste, la partie
comprenait un grand dortoir pour les 90 jeunes, une salle télé, et une salle pour repasser son linge en regardant des posters avec les différents grades de l’armée et les galons
correspondants.
La salle des fers à repasser
Une fois Vova libéré, nous avons tous rejoint le café, très typique de la Russie de province, qui servait d’excellents Shashliks, avant de nous en retourner vers notre chère Moscou.
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